Un extrémiste martial ?

 
 

Durant plusieurs années, nous nous retrouvions, un petit groupe d’amis et moi, pour un échange martial, tous les mardis après-midi. Nous étions dans les moments fort, six ou sept arts martialistes, à nous partager nos connaissances. Cela devait se passer dans la première demi des années 80.


Chacun des participants était noir dans au moins deux styles. À nous tous, on devait totaliser une bonne vingtaine de styles d’arts martiaux différents. Tous des gens qui n’avaient plus rien à prouver, qui pour la plupart n’enseignaient plus ou peu.


L’un de ces pratiquants était vraiment un personnage. Il était noir en judo, en aïkido et dans un style de ninjutsu assez particulier. C’est cet ami qui m’a enseigné les bases des frappes en vibrations. Sa corpulence aurait dû faire en sorte que les roulades soient difficiles pour lui. Au contraire, il roulait comme un chat.


Tout style confondu, il était probablement l’un des arts martialistes les plus efficaces voir même l’un des plus dangereux en situation réelle. L’étendue de ses connaissances n’a jamais cessé de m’étonner. Un jour, alors qu’il travaillait pour une entité gouvernementale qui officiellement n’existait pas, lui et son groupe ont reçu une formation par un vieux maître asiatique qui ne désirait pas donner sa vraie nationalité.


D’après ce que nous enseignait cet ami, il était évident que c’était du ninjutsu. Un ninjutsu plus simple, mais surtout plus opérationnel en situation réelle, que ce qui s’enseigne généralement dans les écoles de ninjutsu. Techniques de frappes pour briser une colonne, contrôle de respiration avancé, techniques d’agrippages qui vous paralysait lorsque vous étiez saisi, frappe en vibration et j’en passe.  Ce que cet ami nous enseignait serait politiquement incorrect de nos jours.


Un jour que je lui demandais pourquoi il n’ouvrait pas sa propre école d’art martial, sa réponse fut spontanée et simple...On ne jette pas de perles aux pourceaux...


Sa philosophie était très simple, la plupart des gens n’ont pas la capacité de voir ce qu’ils ont de précieux entre les mains et d’apprécier cet héritage. C’était un peu radical, mais il était comme ça. J’appréciais encore plus la chance que j’avais qu’il partage une partie de ses connaissances avec moi. On dit que lorsque l’élève est prêt, le professeur se présente à lui. Je ne sais pas si c’était le cas, mais il est sûr que je ne serais pas le même art martialiste s’il ne m’avait pas permis d’accéder un peu à ses connaissances.


Un peu plus tard, j’ai eu la chance en 84, d’être accepté comme instructeur de points de pression dans le domaine policier. Le responsable pour le Canada m’a fait confiance et a accepté qu’une personne comme moi qui n’était pas policier et qui de plus avait les cheveux longs, puisse faire parti des premiers instructeurs de PPCT du Canada. Dans ce système, on utilise des frappes en vibration. S’il m’a accepté, c’est peut-être que je n’avais pas trop de problèmes à utiliser et à enseigner ces frappes difficiles que je connaissais déjà et que je commençais à bien maîtriser.


Une petite partie de ces connaissances est utilisé aujourd’hui par le système DAPP,

et permet de contrôler des individus agressifs.


Bernard













                                                                                  

                                                                                                    
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On ne jette pas de perle aux pourceaux...